Philippe Djian et Stephan Eicher le 27 avril au salon du livre de Genève

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Le 26e Salon international du livre et de la presse de Genève aura lieu du 25 au 29 avril à Palexpo. A cette occasion, Philippe Djian et Stephan Eicher se produiront en soirée dans le cadre d’un concert littéraire, le vendredi 27 avril.

 

 

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Philippe Djian et Stephan Eicher à la Foire du livre de Bruxelles et au Salon du livre de Genève

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Philippe Djian est invité à la Foire du livre de Bruxelles, qui se déroulera du 1er au 5 mars 2012. Il sera également présent le 27 avril au 26ème salon international du livre et de la presse de Genève, qui aura lieu du 25 au 29 avril 2012. Pour l’occasion, Philippe Djian devrait se produire sur ces deux événements avec Stephan Eicher.

* Le premier concert littéraire en compagnie de Stephan Eicher aura lieu le samedi 3 mars, à 19 h., à la Foire du livre de Bruxelles.

 

Le site de la Foire du livre de Bruxelles

Le site du Salon international du livre et de la presse de Genève

 

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La chronique de Christophe Passer (L’Hebdo, 09/12/11)

Christophe Passer publie une chronique récapitulant son passage à la Foire du Livre de Brive-la-Gaillarde. Une chronique dans laquelle il est beaucoup question de Philippe Djian…

 

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Hollande à Brives

 

Dans Brive-la-Gaillarde, Corrèze, 49 675 habitants, Philippe Djian m’a fait passer pour son attaché de presse. Ça me permettait de couper les files en trottinant derrière lui, en prenant un air professionnel et très affairé. Autrement j’en aurais eu pour des heures, entre les grappes compactes d’amoureux des livres tentant de s’infiltrer ici ou là, signature ou causerie, à la Foire annuelle.

Vous croyez que le roman se meurt, que les gens ne lisent plus? Allez à Brive, en novembre, vous verrez autre chose qui n’est visiblement pas si désuet: des lecteurs par dizaines de milliers. Ils achètent des tas de livres, romans, récits, essais, 600 000 euros sont dépensés en trois jours, avec les autographes, et ils ont l’air très heureux.

Il y a les stars, le Goncourt, Carrère, Nothomb ou Marc Levy en tête, et aussi les sportifs, les forçats endurants de la signature: Raymond Poulidor et Raymond Kopa, côte à côte, n’ont pas bougé de leur table en trois jours. Ils étaient émouvants comme la gloire en sépia.

Cependant Djian, en blouson et boots pointues de cow-boy des villes, avait décidé de profiter de la Foire, où il venait pour la première fois. Il n’aime pas trop rester assis à signer ses bouquins. Alors profiter, à Brive, ça voulait dire aussi, entre deux rencontres et lectures, s’empiffrer du foie gras qu’ils vous servent partout comme si c’était du Nutella en pot famille, et reprendre sans arrêt du champagne, qui était superbon. On voulait en être sûr. Pour vérifier, on en a repris souvent.

Du coup, on avait une main occupée par la flûte quand François Hollande est arrivé. Je vous dis ça parce qu’à Brivela-Gaillarde, durant ce week-end, c’était dur de ne pas utiliser sa main libre pour serrer celle de François Hollande, élu local. Pas qu’on lui courait après, mais il était partout, le candidat. Il signait son livre, il allait au café, il partait manger avec sa copine, resserrait la pince de tout le monde au bistrot.

En Suisse, il est commun d’ânonner avec fierté l’accessibilité sublime des politiciens, tout le monde peut leur causer au marché, ce genre de choses. Eh bien, Hollande, en ce marché de Brive-la-Gaillarde que chanta Brassens, vous pouviez aussi lui parler facile.

Je vais vous dire: il est plein d’humour caustique. Et ça m’a fait sourire quand il est passé devant Philippe et sa flûte, bien obligé de lui serrer la main itou. Djian, il est fatigué des politiques, il dit qu’il ne vote plus, il se marrait pourtant. Il se demandait vaguement s’il allait finir en photo dans le journal avec Hollande.

Pendant ce temps, sur la Côte, à Cannes, Sarkozy était occupé à sauver le monde. Dans la télé, on voyait ses affidés défiler avec des mines trop satisfaites de nous-on-estcopainsavec-Obama, on travaille à des choses très sérieuses. Ils ironisaient à mort sur Hollande qui était où, lui, ha, ha, ha!, rendez-vous compte? A Brive!

Je crois qu’ils sont à côté du réel. Je crois que l’éditeur des légendes, Antoine Gallimard, ouvrant la Foire, la deuxième de France, avait raison d’être cinglant, rappelant que Sarkozy n’avait jamais mis les pieds ici, ni au Salon du livre de Paris.

Il ne s’agissait aucunement de défiance envers le président. C’était plutôt de désolation envers son mépris de la culture dont il parlait. Car, dans les halles pleines de la Foire et alentour, il y avait aussi les moments sans foie gras ni champagne, le joyeux brouhaha des mots, Djian qui racontait la phrase et la langue.

Surtout, il y avait là une concentration unique d’écrivains, Chalandon ou Annie Ernaux, de penseurs ou essayistes, Bruckner, Rufin ou Beigbeder, de philosophes, de gens de presse, Nicolas Bedos, Laure Adler, Jean-François Kahn ou Giesbert: des gens d’influence forte, des centaines d’auteurs, venus de partout.

Ils ont parlé beaucoup de politique, ils ont parlé avec Hollande, près des gens et sous la pluie. Un jour, peut-être, on racontera que François Hollande a gagné une part de l’élection présidentielle française là, dans Brive-la-Gaillarde, Corrèze. Et Sarkozy, il était où ?

 

Christophe Passe, L’Hebdo n°49, 09/12/11

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