Elle, de P. Verhoeven – Entretien avec Ph. Djian, I. Huppert et L. Lafitte

Entretien avec Ph. Djian, I. Huppert et L. Laffite à l’occasion de la présentation de Elle, de Paul Verhoeven, en compétition officielle au festival de Cannes.
Share Button

« Impardonnables », d’A. Téchiné : « Téchiné, mélo trames à Venise » (O. Séguret, Libération)

1305614150

«Impardonnables», puzzle baroque de sentiments tragicomiques.

 

Voilà quelques films, déjà, qu’André Téchiné cherche à se dépayser de lui-même comme de son propre cinéma. Avec Impardonnables, il passe le cap d’un nouvel affranchissement, celui de son format. Pas facile, en effet, de situer ce dernier film, malgré d’évidents airs de famille parmi la généalogie des ceux qu’il a réalisés. Sur quelle branche, exactement ? Lancé comme une comédie, le film se prolonge en tableau de mœurs rêveur, puis s’emporte vers la tragédie avant de se conclure sur un constat existentiel tempéré. Impardonnables, cependant, déploie cet arc narratif bizarre dans une continuité tout en lumières et légèreté.

Pistes. Le film raconte les tribulations sentimentales, familiales et artistiques de Francis, écrivain bien installé dans la vie (comme le bourgeois Dussolier est bien installé dans le rôle) mais en quête d’un petit coin au vert pour écrire son prochain roman. C’est à Venise qu’il cherche ce pied-à-terre, et c’est l’agent immobilier Judith (Carole Bouquet, très proche elle aussi du personnage) qui le lui déniche : une coquette maison sur Sant’Erasmo, îlot de la Lagune, cynégétique et isolé. L’affaire est vite pliée : Francis prend et la maison, et Judith. Mais à la suite de celle-ci s’accrochent aussi quelques histoires humaines que Francis ne pourra s’empêcher de fouiller, de troubler, de bordéliser : une vieille amie-amante lesbienne (merveilleuse Adriana Asti), le fils de cette dernière, Jeremie, un jeune homme envahi de dégoûts divers, mais aussi tout un petit réseau vénitien décadent où la fille de Francis, jeune mère indigne, aime se perdre, et d’où elle envoie une sex-tape à son père…

La profusion un peu baroque des pistes narratives, policières et amoureuses produit un plateau de situations ludiques qui donnent au film une substance de comédie leste, ce filon restant l’un des mieux réussis d’Impardonnables. Idem pour les quelques scènes de retrouvailles avec la grâce un peu solitaire du Téchiné filmeur : ces cabotages dans la Lagune, ballets en mouvements de bateaux sur l’eau qui font parfois flotter l’histoire dans une ouate irréelle, même si on perçoit toujours cette extraordinaire difficulté du cinéaste à se faire vraiment plaisir, à s’accorder confiance (d’ailleurs, une scène de collision volontaire entre ces embarcations sera aussi la plus ratée du film).

Faillible. Librement adapté d’un roman de Philippe Djian, Impardonnables parvient encore à faire entrer dans sa danse le quasi-documentaire ethnographique d’un mariage local sur l’îlot viticole, ainsi que de discrètes vibrations cinéphiles (un extrait de Prima della Rivoluzione, avec la même Adriana Asti toute jeunette). La palette des compositions dont s’anime le film induit fortement à penser que Téchiné se projette aussi en Francis, son personnage principal, dont il partage en quelque sorte la position. La priorité de Francis reste son livre, comme elle reste son film pour Téchiné, quels que soient les nœuds relationnels compliqués qu’ils ont eux-mêmes tissés entre les personnes, ou personnages, qui les entourent et dont ils cherchent à manipuler le destin.

Comme un vrai metteur en scène, Francis passe d’ailleurs son temps à assouvir ses pulsions d’indécrottable voyeur : aux jumelles, à l’appareil photo, à la loupe même ; de nombreuses scènes le montrent en train d’inspecter, instrument au poing, les choses, les êtres et les paysages. On ne s’étonnera donc pas que la meilleure part d’Impardonnables, la plus trouble et faillible, soit celle où Téchiné observe et développe le personnage de Jeremie, auquel le jeune Mauro Conte donne une consistance superbe. C’est le plus blessé et le moins pardonnable de tous, sans doute. Et c’est naturellement pour ça qu’il compte.

 

Olivier Séguret, Libération, 17/05/11

Share Button

« Impardonnables », d’A. Téchiné : « Le mystère s’est évaporé tôt », par Michel Guilloux (L’Humanité, 17/05/11)

Quinzaine des réalisateurs

Le mystère s’est évaporé tôt

 

 

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs hier, Impardonnables, d’André Téchiné, transpose à Venise le roman de Philippe Djian. Avec Carole Bouquet, André Dussollier et Adriana Asti. 

Impardonnables, d’André Téchiné, France, 1 h 51

En appeler à Schopenhauer pour conjurer la suite ? C’est ce à quoi se livre en préambule Francis, le personnage d’écrivain interprété par André Dussollier qui cite le philosophe sur les mystères similaires des actes de créer et de procréer. L’essentiel d’Impardonnables se joue ensuite entre deux séquences de lent et beau travelling sur un quai, seul avant une fin ouverte, en compagnie d’une femme, Judith, au début. L’écrivain se déplace de Paris à Venise, comme le film, adapté du roman éponyme de Philippe Djian, situé au Pays basque. Et si les prénoms des autres protagonistes de l’histoire sont de même conservés, leurs relations en seront d’autant revisitées.

L’ensemble ne manque pas de fulgurances : des plans de lagune posés à point ; installer son Francis dans une île à l’écart, face à des vignes, permet de retrouver un point d’ancrage à l’écrivain comme au cinéaste ; l’art de capter les silences des êtres comme le bruit du vent dans les feuillages… À une Carole Bouquet impeccable en Judith, femme aux sentiments fermés à clef, le déplacement s’enrichit d’une belle galerie de figures, de voix et de corps italiens : à commencer par l’actrice pasolinienne Adriana Asti ou, côté ragazzi ténébreux, Mauro Conte et Andrea Pergolesi. Adaptation d’une œuvre littéraire doublée d’une commande de producteur, cela a-t-il trop pesé ? La fin se noie une demi-heure durant dans les explications superfétatoires de ce qui aurait pu continuer de cheminer en souterrain. Dommage, on aurait aimé être du voyage.

 

Michel Guilloux, L’Humanité, 17/05/11

Share Button

« Impardonnables » : Quand Téchiné adapte Djian – Entretien avec Carole Bouquet et Mélanie Thierry

 

Rencontre avec Carole Bouquet et Mélanie Thierry à l’occasion de la projection du film Impardonnables d’André Téchiné lors de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes (17/05/11).

 

Share Button

Impardonnables, d’André Téchiné, au festival de Cannes

 

affiche_de_la_quinzaine_des_realisateurs_2011_10444067gjfzz

 

Le film Impardonnables d’André Téchiné, adapté du roman de Philippe Djian, est sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, qui se déroule en marge du Festival de Cannes du 12 au 22 mai 2011.

Vingt-cinq longs métrages seront présentés à cette occasion dont le film d’André Téchiné, coproduction entre la France et l’Italie. Le metteur en scène a choisi Venise pour décor. Mélanie Thierry, Carole Bouquet et André Dussolier en sont les principaux acteurs.

Share Button