Ph. Djian invité de « 21cm » (Canal Plus, 30 janvier 2017)

Philippe Djian est l’invité de l’émission 21cm diffusée le lundi 30 janvier à 22h45 sur Canal Plus. L’émission revient sur le succès de l’adaptation du roman « Oh… » par Paul Verhoeven, Lire la suite

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Philippe Djian: «J’ai l’impression d’avoir trouvé mes racines au Pays basque» (La Dépêche, 21/07/13)

Philippe Djian: «J'ai l'impression d'avoir trouvé mes racines au Pays basque»

 

Philippe Djian a fixé le rendez-vous au Bar de l’Hôtel du Palais à Biarritz. Celui que l’on a surnommé «l’écrivain rock» se présente en tee-shirt, tongs et short noir à l’entrée du palace biarrot. Un pied de nez assumé aux propriétaires des voitures de luxe, souvent immatriculées en Russie, qui peuplent le parking.

D’où vient votre attachement à Biarritz ?

C’est un attachement au Pays basque plus qu’à Biarritz. L’été, il y a trop de monde ici. Donc je vais aller me réfugier à Sare, où nous avons loué une maison, au pied de la montagne de la Rhune. Mais Biarritz est comme un port d’attache, c’est mon deuxième chez moi. J’ai beaucoup vécu à l’étranger, aux Etats-Unis. Mais c’est un endroit où nous revenons chaque fois, avec ma femme et mes enfants. J’ai l’impression d’avoir trouvé nos racines ici. Nous retrouvons des personnes qui sont devenues nos amis quand nos enfants étaient en maternelle. Ce que nous apprécions ici, c’est le climat, la beauté des paysages, l’éloignement de Paris…

Comment se passe votre été ici ?

Je viens de finir mon nouveau livre, Love Song, qui sortira en octobre. En tant que Lauréat 2012 du Prix Interallié, je fais partie du jury, donc je lis beaucoup : j’ai 150 livres dans ma valise ! J’aime aussi rencontrer mes amis qui passent l’été au Pays basque comme Marie Darrieussecq ou Frédéric Beigbeder. J’aime les balades dans la montagne basque, cet espace ouvert. On peut passer de l’autre côté, en Espagne, sans aucun problème, sur les traces des contrebandiers, sous les bois, avec les pottioks en liberté… Ailleurs en France, on est tout de suite bloqué par des clôtures, des propriétés privées. Pas ici.

Vous êtes-vous mis au surf ?

Non, mais j’ai une photo de moi, sur une planche de surf tenue par le multiple champion du monde Tom Curren ! Je ne pouvais pas mieux faire, donc je me suis arrêté là ! (Rire)

Vous avez habité dans les Corbières ?

Oui, à Fitou, où la mère de ma femme avait racheté une ruine. Avec mon frère, on a reconstruit cette bergerie pendant deux ans. Mais je n’arrivais pas à m’y sentir de racines.

Cette période a inspiré 37°2

C’est étonnant, mais je n’avais jamais vu les bungalows de Gruissan quand je l’ai écrit ! Quand Jean-Jacques Beineix a fait les repérages il s’est foutu de moi ! Mais j’avais la Méditerranée en face de chez moi, je n’avais pas besoin d’aller à 25 kilomètres. Donc je ne connaissais pas Gruissan.

Comment êtes-vous arrivé à Biarritz ?

Grâce à Antoine de Caunes. Je lui dois tout. Je ne vendais pas beaucoup. J’étais persuadé que mes lecteurs potentiels étaient les habitués de ses émissions plutôt que ceux d’Apostrophes. Alors je lui ai écrit et envoyé mes premiers livres. Il m’a dit «C’est génial, on fait un 52 minutes». Il a débarqué à Fitou. J’ai commencé à vendre grâce à lui. Je lui ai dit que je ne me sentais pas de racines dans les Corbières. Il m’a dit d’essayer Biarritz. Nous avons fait nos valises, et nous avons adopté Biarritz.

Il est aussi à l’origine de votre amitié avec Stephan Eicher ?

Il voulait faire une émission chez moi à Biarritz et m’a demandé de choisir un invité musical. On ne pouvait pas avoir Leonard Cohen, alors je lui ai parlé d’un type avec un accent pourri qui passait à la radio, mais dont je ne comprenais pas ce qu’il chantait. C’était Stephan Eicher. On a passé cinq jours de tournage, très timides tous les deux, sans que ça se décoince vraiment. Chose incroyable, les caméras neuves de l’équipe d’Antoine n’avaient pas fonctionné et n’avaient rien enregistré ! Il a fallu tout recommencer. A la fin du deuxième tournage de cinq jours, nous étions devenus amis. Il m’a demandé si je pouvais finir une chanson. Je crois que c’était «Pas d’ami».

Depuis, vous n’avez pas d’autre ami comme lui ?

J’ai deux amis comme ça : Stephan Eicher et Antoine de Caunes !

Donc vous êtes heureux qu’Antoine de Caunes reprenne le Grand Journal de Canal + ?

J’en suis vraiment heureux. C’est un gars qui a la classe, de la noblesse de cœur, qui est généreux. Il me fait rigoler. Je lui ai même donné le manuscrit de 37°2 !

Où en est votre collaboration avec Stephan Eicher ?

Je suis très content car son dernier disque, «L’envolée», pour lequel j’ai écrit neuf chansons, marche très bien. Il doit être en concert à Carcassonne le 25 juillet. Nous avons arrêté les rencontres littérature et musique. Nous sommes montés ensemble sur scène pour la première fois à Toulouse, pour le Marathon des Mots, il y a quelques années. C’est un formidable cadeau qu’il m’a fait !

Ecrire un roman ou des chansons, que préférez-vous aujourd’hui ?

Ce qui m’apporte le plus de bonheur, c’est l’écriture ! Je me sens plus responsable quand il s’agit d’écrire une chanson, car cela possède une puissance formidable. Une phrase peut entrer en vous comme ça. Ecrire un livre, c’est différent. Moi je n’écris pas des histoires. Comme disait Céline, les histoires, il y a les journaux pour ça. J’écris pour la langue. La première phrase du livre me donne le rythme et la suite en découle.

Vos projets pour la rentrée…

La sortie de Love Song en Octobre. Je dois publier un long article dans «Long Cours», sur un voyage que je viens de faire à Shanghaï. Beigbeder m’a demandé de faire une chronique dans le magazine Lui qu’il relance. Je vais aussi animer des ateliers d’écriture et je viens de signer pour cinq prochains romans avec Gallimard.

 

Propos recueillis par Pierre Sauvey

 

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« Chemins d’écrivains » : Philippe Djian (RTL, 07/08/11)

Devant l'Hötel du Palais, à Biarritz

Ce dimanche 7 août, Philippe Djian vous propose son chemin d’écrivain vers l’enfance à Biarritz.

Écouter l’émission

 

 

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Philippe Djian : « Biarritz, une longue histoire d’amour » (La Dépêche, 06/02/11)

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Né le 3 juin 1949 à Paris, Philippe Djian est l’auteur de Bleu
comme l’enfer
, Zone érogène, 37°2 le matin, Echine… Son
dernier roman s’intitule « Incidences » et explore le désarroi d’un
professeur d’université attiré par ses jolies élèves jusqu’à ce que…

On sait que vous fuyez les cocktails mondains ou littéraires…

Je déteste ça en effet, et je le laisse volontiers à d’autres.
J’essaye de ne pas trop me montrer, non par coquetterie, mais parce que
je n’y trouve aucun intérêt. Je reviens de Cannes, et j’ai vu ces
soirées : j’ai tenu cinq minutes… Ici, par exemple, puisqu’un ami est
là, (lorsqu’on lui a appris en arrivant qu’Antoine de Caunes était à
Toulouse, il s’est précipité sur son portable pour l’appeler et arranger
une soirée) on va se débrouiller pour échapper au repas officiel et se
retrouver en petit comité.

On a de vous l’image d’un écrivain pudique. Lire ses textes en public aide-t-il à surmonter cette pudeur ?

J’assume tout ce que j’écris. Je n’ai aucune crainte ou timidité à
lire mes textes : j’ai même une sorte d’orgueil. Etre écrivain est
magnifique – pas être Philippe Djian, mais écrivain. C’est génial de
travailler un matériau qui est celui de la communication. Pour moi, la
littérature, c’est le lieu de la réflexion. C’est là que je peux,
peut-être, apporter ma pierre à l’édifice de la société. La place de
l’écrivain dans la société est très importante.

Les lieux sont très importants dans vos livres. Influencent-ils vos personnages ?

C’est la langue qui induit tout. La première phrase m’indique tout de
suite le lieu, la ville, les personnages. Je ne choisis pas :
j’atterris là, comment je fais maintenant, je regarde où ? C’est un
mélange d’endroits que j’ai connus- les États-Unis, Florence, Lausanne-,
jamais un seul. Mes personnages sont proches de la ville, sans y être
vraiment. Je dois être un peu schizophrène : j’ai besoin de la ville,
mais je la déteste quand j’y suis !

Le Sud-Ouest tient tout de même à part dans votre parcours…

Oui, c’est sûr. Je me suis installé dans les Corbières à 25 ans,
juste après mon mariage. C’est là qu’est né mon fils, Loïc. Plus tard,
j’ai vécu à Fitou, dans les Pyrénées Orientales. On a restauré une
bergerie avec mon frère… Et après « 37°2 », quand j’ai pu décider de
vivre où je voulais, j’ai choisi Biarritz…

On connaît bien votre attachement pour Biarritz. Comment avez-vous découvert le Pays basque ?

De Caunes ! Je retapais une maison dans les Corbières et voulais
bouger un peu. Antoine m’a dit : « Viens vivre à Biarritz ! », et j’ai
mis mes affaires dans une malle… Biarritz, c’est une longue histoire
d’amour… Quand je revenais de Boston, c’est là que je retournais. Depuis
janvier, j’y habite à plein-temps. On est au bout du bout du bout… Le
soir, je vais dîner en Espagne… On ne se dit jamais « je suis coincé »
au Pays basque. Quand j’y suis, j’ai le sentiment d’être loin. Et puis
il y a l’océan, l’arrière-pays est magnifique, j’adore le piment
d’Espelette et les Basques m’amusent !

Un autre lieu du Sud-Ouest est devenu mythique grâce à vous : Gruissan et les fameux bungalows de  »37°2 »…

Je n’y suis pourtant jamais allé ! C’est le type que Beineix avait
envoyé en repérage qui les a trouvés. Beineix m’a téléphoné : « Tu
déconnes ou quoi ? Y a ces bungalows à dix minutes de chez toi ! » Mais
je ne les connaissais pas ! A l’époque, j’allais me baigner aux étangs
de Bages !

Frédéric Charmeux, La Dépêche, 06/02/11


Adapté par André Téchiné

Après Incidences et La fin du monde, où il frottait sa prose
fulgurante aux peintures de Horst Haack, et après une tournée de «
concerts littéraires » en compagnie de Stephan Eicher (encore des dates
jusqu’en mai, hélas, rien par ici…), Philippe Djian sera à nouveau au
générique de films de cinéma. Cela ne lui était plus arrivé depuis Bleu comme l’enfer, tourné à Decazeville, et 37°2 le matin, à
Gruissan en 1986. Deux de ses livres ont été adaptés et l’on verra en
2011 Incidences, réalisé par les frères Larrieu et Impardonnables
qu’André Téchiné vient de finir, avec Carole Bouquet, André Dussollier
et Mélanie Thierry. « Je n’ai pas participé aux scénars, confie
l’écrivain. Les Larrieu sont déjà deux, ils n’ont pas besoin de moi –
quant à Téchiné, il est assez grand pour se débrouiller tout seul… mais
je suis curieux de voir comment il a transposé le Pays basque à Venise… »

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Metropolis (Arte, 03/10)

Si Metropolis est allé à Biarritz à la rencontre de Philippe Djian, ce n’est pas seulement pour visiter l’endroit où il écrit et voir sa bibliothèque. C’était aussi l’occasion de comprendre d’où vient l’inspiration et l’envie de venir à bout de ce travail de « tâcheron » qu’est l’écriture d’un roman, selon Philippe Djian. Il vient de publier Incidences aux éditions Gallimard. Un sujet de Laurent Allen-Caron.

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