« Louanges », Stephan Eicher (1999) : paroles de Philippe Djian

louanges

Louanges (1999)
Paroles de Philippe Djian

Ce peu d’amourDémon Sans vouloir te commander
Si douces – Louanges La fin du monde
Venez danserLe même nez

 

CCE PEU D’AMOUR

Ce peu d’amour que tu me donnes
Ce peu d’égards que je reçois
Sont-ils de trop pour un seul homme ?
Sont-ils de trop venant de toi ?

Prends garde que je ne me lasse
Que ton jeu ne m’amuse plus
Car celui qui prendra ma place
Pourrait bien te tanner le cul

Comme tu le mérites, comme je le pense
Malgré le bien que je te veux
Je sens bientôt venir ta chance
Tu as besoin d’ouvrir les yeux

Ce peu d’amour que tu me donnes
Peste soit des avaricieux
Ma foi, si tu étais un homme
Je te fendrais par le milieu

Ce peu d’amour que tu me donnes
Ce peu d’égard que je reçois

DÉMON

Une belle journée
Un matin clair
Sans nuage
A l’horizon
Et demain
Demain j’espère
Ne fera
Pas exception
J’y veillerai
Je suis sincère
Je n’ai pas
D’autre ambition
Rien ne peut
Jeter à terre
Un brave homme
Dans sa maison
Sauf le démon
Qui sommeille en toi
Qui sommeille en moi
Qui sommeille en nous
Franc comme l’or
Dur comme la pierre
Notre soc
Fend le limon
Au lit nous
Savons quoi faire
Sans conseils
Sans permissions
Quand le fruit
N’a aucun ver
Il ne craint pas
L’infection
Rien ne peut
Ouvrir la terre
Sous les pieds
De la maison
Sauf le démon
Qui sommeille en toi
Qui sommeille en moi
Qui sommeille en nous
Mais n’y pensons pas
Ça vaudra mieux
Et ne tremblons pas
Ce n’est qu’un jeu
Sauf le démon
Qui sommeille en toi
Qui sommeille en moi
Qui sommeille en nous

 

SANS VOULOIR TE COMMANDER

Sans vouloir
Te commander
Viens t’asseoir
A mes cotés
Dans le noir
Viens me trouver
Sans retard
Sans vouloir
Te commander
Ne dis rien
Jusqu’à demain
Il est tard
Pour se chercher
Des histoires
Tu viendras me remercier
Un peu plus tard
Tu viendras m’en redemander
Sans vouloir
Te commander
Viens me voir
Je vais t’aider
A y croire
A effacer
Ta mémoire
Sans vouloir
Te commander
Essayons
De nous croiser
Quelque part
Entre Arrivée
Et Départ
Tu viendras me remercier
Un peu plus tard
Tu viendras m’en redemander
Sans vouloir
Te commander
Viens t’asseoir
A mes cotés
Dans le noir
Viens me trouver
Sans retard
Sans vouloir
Te commander
Eu égard
A nos santés
Dans le noir
Viens me trouver
Sans retard

 

SI DOUCES

Si douces sont
Tes aisselles
Et tes cheveux
Sentent si bon
J’espère que tu
N’est pas celle
Qui sera sans
Concessions
Si douces sont
Tes ficelles
Si lisses sont
Tes façons
Je lècherai tes semelles
J’accepterai tes leçons
Si douces sont
Tes obscènes
Caresses à mon
Attention
Sais-tu seulement
Que tu sèmes
Des clous sous mon
Paillasson
Si douces sont
Tes ficelles
Si lisses sont
Tes façons
Je lècherai tes semelles
J’accepterai tes leçons
Si douce et si cruelle
Te soucies-tu de celles
Qui sont sans imagination ?
Foutre, non !
Si douces sont
Tes ficelles
Si douce est ma
Punition
Je vois briller
L’étincelle
Je sens la sueur
Sur mon front
Si douces sont
Tes ficelles
Si lisses sont
Tes façons
Je lècherai tes semelles
J’accepterai tes leçons

LOUANGES

Ces quelques mots avant le soir
Je ne voudrais pas partir trop tard
Cette fois c’est moi qui cherche une rime
Avec so long ou ciao bambina
Nous avons tenté l’impossible
Avons fouillé ce qui était vide
Dommage qu’on n’ait pas le cœur tendre
Car nous allions si bien ensemble
Mais je tiens
A louer
Tous nos vains efforts
Pour durer
Et je tiens
A louer
Tous nos vains efforts
Pour durer
La maison te paraîtra grande
Quand tu ne m’auras plus dans les jambes
Et tu verras ce n’est pas drôle
On se cogne toujours à des fantômes
N’avions pas besoin l’un de l’autre
Au point de nous passer nos fautes
Notre aventure arrive au bout
Le souffle court, le ventre mou
Mais je tiens
A louer
Tous nos vains efforts
Pour durer
Oui je tiens
A louer
Tous nos vains efforts
Pour durer
Le vent qui nous soulevait de terre
N’est plus qu’un simple courant d’air
Ni rage au cœur ni vague à l’âme
Rien à demander à sœur Anne
Suis arrivé en bas de page
Inutile d’en dire davantage
Chacun reprend sa couverture
Et son caillou dans sa chaussure
Mais je tiens
A louer
Tous nos vains efforts
Pour durer

 

LA FIN DU MONDE

On ne peut pas toujours mourir
A trente ans et en rester là
On ne peut pas toujours se dire
La vérité, ça ne marche pas
Sur le mur, tes amants défilent
Montés sur des chevaux de bois
Tu te demandes à quoi ça rime
Et sans bouger tu restes là

Comme si la fin du monde allait venir
Et jeter son manteau sur toi
Mais des regrets, mais des soupirs,
A digérer, qui n’en a pas

On a que des souvenirs
Et il faut les garder pour soi
Il y a un temps pour les sortir
Il y a un temps où ils sont froids
Sur les murs dans une autre ville
Tu reconnais d’autres endroits
Tu penses que tu en connais mille
Et sans bouger tu restes là

Comme si la fin du monde allait venir
Et jeter son manteau sur toi
Mais des regrets, mais des soupirs,
A digérer, qui n’en a pas

Nous étions tous fous de toi
Nous voulions tous de tes bras
Sentir la douce étreinte et la
Sueur et la mousse
Coller nos doigts

Comme si la fin du monde allait venir
Et jeter son manteau sur toi
Mais des regrets, mais des soupirs,
A digérer, qui n’en a pas

VENEZ DANSER

Venez danser
Une dernière fois
Prenez ma main
Prenez mon bras
Venez danser
Encore une fois
Souvenez-vous
Souvenez-moi
Accordez-moi
Une dernière chance
Ce n’est pas moi
Qu’on récompense
Elle vous dira
Que je ne suis plus
Tout à fait l’gars
Qu’elle a connu
Quand nous aurons
Lavé nos fautes
Nous marcherons
La tête haute
Et si le ciel
Nous tombe dessus
Nous marcherons encore
La tête nue
Venez danser
Venez à moi
Laissez-la dire
Croyez en moi
Elle ne sait pas
Que je n’joue plus
Elle ne sait pas
Que je suis nu
Le jour s’en vient
Le jour s’en va
La Dame de Cœur
Ne reste pas
Elle a payé
Ce qui est dû
Elle a été
Ce qu’elle a pu

LE MÊME NEZ

Le même nez
La même bouche
La même grimace
Quand on la touche
La même vie
Les mêmes peurs
Le même décor
La même odeur
Le même sang
La même souche
Le même poison
Les mêmes retouches
Le même pli
La même roche
Les vieilles manies
Les vieux reproches
Telle mère
Telle fille
L’horizon brille
Et s’engloutit par le milieu
Le même ton
La langue noire
La même défiance
A mon égard
Les mêmes buts
Le même cœur
La même sécheresse
Les mêmes valeurs
Le même cul
Les mêmes poires
Les mêmes soupirs
Les mêmes regards
Le même fond
Le même fard
Le même plaisir
De me revoir
Telle mère
Telle fille
L’horizon brille
Et s’engloutit par le milieu

 

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