Engelberg – Stephan Eicher

enge

Engelberg (1991)
Paroles de Philippe Djian
Déjeuner en paixPas d’ami (Comme toi)Tu ne me dois rienDjian’s waltz

 

    DÉJEUNER EN PAIX

    J’abandonne sur une chaise le journal du matin
    Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent
    J’attends qu’elle se réveille et qu’elle se lève enfin
    Je souffle sur les braises pour qu’elles prennent

    Cette fois je ne lui annoncerai pas
    La dernière hécatombe
    Je garderai pour moi ce que m’inspire le monde
    Elle m’a dit qu’elle voulait si je le permettais
    Déjeuner en paix, déjeuner en paix

    Je vais à la fenêtre et le ciel ce matin
    N’est ni rose ni honnête pour la peine
     » Est-ce que tout va si mal ? Est-ce que rien ne va bien ?
    L’homme est un animal  » me dit-elle

    Elle prend son café en riant
    Elle me regarde à peine
    Plus rien ne la surprend sur la nature humaine
    C’est pourquoi elle voudrait enfin si je le permets
    Déjeuner en paix, déjeuner en paix

    Je regarde sur la chaise le journal du matin
    Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent
     » Crois-tu qu’il va neiger ?  » me demande-t-elle soudain
     » Me feras-tu un bébé pour Noël ? « 

    Et elle prend son café en riant
    Elle me regarde à peine
    Plus rien ne la surprend sur la nature humaine
    C’est pourquoi elle voudrait enfin si je le permets
    Déjeuner en paix, déjeuner en paix

    PAS D’AMI (COMME TOI)

    Quand tu traverses la pièce
    en silence
    que tu passes devant moi
    je regarde tes jambes
    la lumière
    tombant sur tes cheveux

    Quand tu t’approches de moi
    ton parfum
    me fait baisser les yeux
    et si tu touches mes mains
    je m’arrange
    pour ne pas y penser

    Je n’ai pas d’ami
    comme toi
    oh non non non
    pas d’autre ami
    comme toi

    Je comprends mieux le monde
    en t’observant
    je crois que j’y vois plus clair
    je n’ai pas trouvé la clef
    du mystère
    mais je m’en suis approché

    Je n’ai pas d’ami
    comme toi
    oh non non non
    pas d’autre ami
    comme toi

    Ne te lasse pas de moi
    j’ai encore
    beaucoup à découvrir
    mais danse autour de moi
    j’abandonne
    si tu danses autour de moi

    Oh no no no…

    Je n’ai pas d’ami
    comme toi
    oh non non non
    pas d’autre ami
    comme toi

    TU  NE ME DOIS RIEN

    Je ne t’entends pas très bien
    il y a si longtemps
    d’où m’appelles-tu ? D’où vient
    ce besoin si pressant
    de m’écouter soudain?
    Les poules auraient-elles des dents ?

    Ma voix t’a-t-elle manqué
    après bientôt un an?
    Ce serait une belle journée
    et il n’y en a pas tant
    je sais me contenter
    de petites choses à présent

    On enterre ce qui meurt
    on garde les bons moments
    j’ai eu quelquefois peur
    que tu m’oublies vraiment
    tu as sur mon humeur
    encore des effets gênants

    Mais tu ne me dois rien
    j’ai eu un mal de chien
    à me faire à cette idée
    à l’accepter enfin
    est-ce qu’au moins tu m’en sais gré
    Chacun poursuit son chemin
    avec ce qu’on lui a donné
    mais toi tu ne me dois rien

    Tu ne m’as pas dérangé
    je vis seul pour l’instant
    mais je ne suis pas pressé
    tu sais, je prends mon temps
    tout est si compliqué
    tout me paraît si différent

    On ne refait pas sa vie
    on continue seulement
    on dort moins bien la nuit
    on écoute patiemment
    de la maison les bruits
    du dehors l’effondrement

    Je vais bien cela dit
    appelle moi plus souvent
    si tu en a envie
    si tu as un moment
    mais il n’y a rien d’écrit
    et rien ne t’y oblige vraiment
     

DJIAN’S WALTZ

Quand le cœur devient sombre
les paroles sont amères
Quand elles sortent du nombre
mieux vaut les retenir
Quand est finie la ronde
que les mains se desserrent
il n’y a plus rien à répondre
il n’y a plus rien à dire

Quand le cœur devient sombre
les paroles sont amères
il n’y a à répondre
il n’y a plus rien à dire
Quand la veille est trop longue
on s’endort sur les pierres
Le chant triste du monde
berce nos souvenirs
Quand vient l’heure où retombe
le nez au fond du verre
il n’y a rien à répondre
il n’y a plus rien à dire
Quand la veille est trop longue
on s’endort sur les pierres
Il n’y a rien à répondre
il n’y a plus rien à dire

Quand les berges s’effondrent
il n’y a plus de rivière
Les imbéciles se trompent
et les autres font pire
Un jour le feu vous ronge
un jour le cœur vous serre
Il n’y a rien à répondre
il n’y a plus rien à dire
Quand les berges s’effondrent
il n’y a plus de rivière
Il n’y a rien à répondre
il n’y a plus rien à dire

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